Bulletin n° 13 - décembre 2014

 


L’italien des institutions publiques, une langue bien perméable aux anglicismes

Roberto L. Benardi


Résumé

Les réflexions de cet article portent sur l’état de la communication auprès de quelques institutions publiques italiennes, notamment le Gouvernement et les Ministères, et de l’utilisation de plus en plus croissante d’emprunts linguistiques intégraux, à savoir des anglicismes à l’état pur, dans la langue officielle utilisée, l’italien. On présente d’abord quelques considérations de nature historique, culturelle et sociale sur la place naturelle des emprunts étrangers dans une langue, sur les phases physiologiques de la linguistique de tout idiome; de ce fait, on remarque une tendance accrue depuis les années quatre-vingt, souvent injustifiée et même d’une manière décontractée, à recourir à l’emploi de formes anglo-américaines dans toute sorte de discours, de celui économique-financier jusqu’à celui culturel, même là où le terme de correspondance en italien existe déjà. Ce phénomène se vérifie dans presque toute la production des documents officiels provenant du gouvernement italien, de ses ministères ainsi que de plusieurs autres organismes publics, tels que la Chambre des députés. L’objectif est de mettre en lumière ces intrusions injustifiées dans le cadre de toute communication institutionnelle, dans la logique de la variation diaphasique (émetteur d’un message, le message en soi, le canal de transmission, destinataire du message). Une série de passages extraits de documents publics est présentée pour apporter des exemples de ce phénomène qui s’est sensiblement amplifié avec la mondialisation des modes de vie et des contacts de toutes sortes en créant un genre de «italiese» désormais grandissant dans la société italienne. Les résultats soulignent bel et bien le vide législatif en matière linguistique et de l’utilisation de la langue officielle de la part des institutions publiques italiennes qui devraient, au contraire et à l’exemple de leurs homologues françaises, dicter la règle du maintien et de la défense de langue dans un pays, au-delà des modes et des tendances qu’une globalisation acharnée impose. Au contraire, l’utilisation constante des anglicismes en italien semble être perçue comme une façon moderne et «cool» de s’exprimer. La langue demeure parmi les biens immatériels d’un pays et de sa culture intrinsèque ; c’est pourquoi elle doit être protégée en tant que patrimoine à conserver et à diffuser à tous les niveaux et dans toutes les pratiques, surtout au niveau éducatif, d’une société.

Abstract

The reflexions in this article focus on the status of communications in public Italian institutions, such as Government and Ministries and the more and more frequent use of anglicisms in the Italian language.   A number of considerations of a historical, cultural and social nature are first outlined and reveal the natural insertion and place of acquired foreign words in a language as well as to the physiological phases related to any idiom. In fact, one can notice the increased tendency - often unjustified and casual – to integrate Anglo-American expressions as part of all types of speeches : economic, financial, cultural, even with the existence of Italian expressions. This phenomenon occurs in almost the entire output of official documents issued by the Italian Government, Ministries and other public institutions such as the Chamber of Deputies. The objective of the article is to shed light on these unjustified intrusions that appear in institutional communications using the logic of linguistic diaphasic variation : the sender of a message, the message in itself, the channel of transmission, the receiver of the message.   Passages chosen from official papers are presented as examples of this increasing trend that has emerged from the globalization of life-styles and contacts of every nature and resulting into a kind of “italiese” by now ubiquitous in Italian society. Results clearly underline the clear vacuum in the legislation of the official use of Italian, at least in public Italian institutions that should, following the French example, dictate rules to safeguard and protect the language of a country, beyond the fads and trends of an expanding and ever more aggressive globalization. On the contrary, the frequent use of anglicisms in the Italian language is accepted as a modern and cool way to express oneself. Language is one the immaterial values of a country and its inner culture.   For this reason it must be protected as a heritage to cherish and to share with all the levels and in all practices, especially at the educational level of a society.

Mots-clés/Keywords

italien, communication, institutions publiques, anglicisme, législation



Essayer de comprendre un phénomène

Être citoyen italien comporte bien des avantages mais aussi des agacements. Le citoyen italien, et je pense surtout à ceux qui ne comprennent pas forcément l’anglais ou l’anglo-américain, doit endurer toute une série d’intrusions, justifiées et non, de terme anglo-saxons dans le discours politique, économique et social des institutions publiques préposées à toute une série de services et relations étatiques. S’agit-il d’une mode, d’une façon d’être « cool », de mêler les cartes en parlant avec des termes étrangers ou, tout court, d’un manque de pragmatisme, et par conséquent d’une atonie diffuse, dans la défense de sa propre langue ? Assurément, cela souligne l’absence de politique linguistique générale dont l’Italie souffre depuis quelques années, absence qui fait que l’italien se laisse imprégner de plus en plus d’anglicismes sans une règle comportementale. Le phénomène des « forestierismi » n’est pas d’hier. Depuis le XVIIIesiècle, l’italien a assimilé dans son vocabulaire des gallicismes, des germanismes et des anglicismes ; à son tour il a prêté ses mots à ces langues, expressions qui sont devenues des vraies expressions de contexte (il suffit de penser au grand succès de l’expression « la dolce vita » qui n’a pas besoin de traduction du point de vue linguistique ou socio-culturel). Les années 50-60 du « boom » économique ont été une sorte de partage des eaux, où l’Italie s’ouvrait au monde et les Italiens commençaient à voyager et à se faire remarquer sur la scène internationale grâce à leur industrie, leurs produits de marque et leur accueil chaleureux (contexte exprimé dans le film Vacanze romane de William Wyler sorti en 1953).

L’Italie s’ouvre au monde et la langue enregistre ces changements. Cela est naturel et même essentiel pour que la communication à tous les niveaux de la société s’adapte aux mutations devenues désormais à l’ordre du jour de l’époque. Les emprunts linguistiques se faisaient, se font et se feront toujours. Ces emprunts font partie d’un processus régulier pour la survie et l’efficacité de la langue même et de ses langages sectoriels, surtout lorsqu’ils sont les ambassadeurs d’un style de vie étranger et d’un statut social particulier tels queleader, flirt, week-end, cocktail, baby-sitter. Déjà dans son étude de 1980, Gaetano Berruto s’intéresse à ce phénomène survenu plus massivement après la Deuxième guerre mondiale. Il parle d’une augmentation importante des intrusions étrangères (Berruto, 1987)[1]. Mais est-on pour ou contre ces intrusions, surtout de ces anglicismes à l’état pur, dans la langue italienne ? Doit-on utiliser la correspondance italienne d’un mot, s’il existe, ou en forger une sur mesure, ou encore laisser le terme « barbare » s’accommoder parmi la syntaxe et la morphologie d’une langue ? Si l’on s’inspire de « la bonne cuisine », celle qui se forge avec des ingrédients simples et les plus naturels possible, il serait question d’équilibre et de bon sens presque mathématiques : pas trop de quelque chose, un peu de ceci, un peu de cela, une bonne dose de cela et finalement un brin de ceci. La langue se nourrit de la même façon pour que son pouvoir assertif et son harmonie communicative restent vivants et compréhensibles à tous et de ce fait « digestible » comme les bons mets.

Les emprunts linguistiques portent différents visages, souvent peu reconnaissables. Dardano les définit clairement (Dardano, 1991) : emprunt intégral, lorsque le mot ou la locution passent tels quels d’une langue à l’autre (ex. budget, computer, upgrade, check in, tunnel, etc.) ; adapté, lorsque le mot d’origine subit une adaptation mais sans changer sa racine pour s’adapter à l’autre langue (ex. dollaro, crauti, sponsorizzare, cliccare, le plus récent elevatore, etc.) ; avec calque morphologique (ex. grattacielo = skyscraper, pausa caffé = coffee break, etc.). La présence, plus ou moins élevée de ces « intrus », dans divers langages sectoriels de la vie sociale et productive de l’Italie n’est pas une nouveauté. C’est comme ouvrir la porte de sa maison à un inconnu sans chercher à connaître son identité, de le laisser entrer et s’installer dans le salon sans savoir de qui il s’agit ! L’informatique en est un champ exemplaire. 80% des termes et des expressions en italien de ce domaine sont des locutions et d’une terminologie provenant directement des États-Unis et assimilés tels quels dans ce langage. Illustrons comment un Italien énoncerait de simples procédures informatiques : «Accendere il computer ; effettuare il login ; iniziare il download ; spostare il mouse ; fare il back up dell’hard disc », etc. Une fois ces termes étrangers entrés dans l’usage courant, indépendamment du contexte sectoriel linguistique, ils s’installent et dictent la norme. Les traductions officielles de documents, de textes, de revues, de sites internet n’aident guère ou peu à ce sujet se limitant, la plupart des cas, à infiltrer certains termes ou terminologies tels quels dans la version italienne. Le terme correspondant en italien n’est pas utilisé même lorsqu’il existe, à preuve ce cas d’un mot illustrant le succès dans la finance des dernières années, lespread[2].  

Toujours selon l’étude de Berruto, la présence des anglicismes est considérable dans certains langages sectoriels et aussi chez des groupes de parlants qui sont loin de représenter la grande masse des diverses utilisations de l’italien. Ceci se vérifie dans les années 1980 lorsque l’utilisation des anglicismes était surtout un fait de mode et de marque de standing alors qu’aujourd’hui, 30 ans après, cette utilisation est beaucoup plus diffusée et s’étend à bien des couches de la population, rendant ainsi sa propagation plus sournoise, conjuguée aux moyens de communication qui influencent les modes de vie. En gros, le rapport comparé de la présence d’anglicismes entre la langue italienne et la langue française montre un rapport de presque 2 pour 1 (principalement dans les expressions utilisées dans les journaux et les revues), selon une étude de Silvia Manuelli[3]. Il existe de toute évidence une lacune législative sur le contrôle linguistique en Italie, surtout en ce qui concerne la communication au niveau publique.

En comparaison, la France s’est dotée d’une législation dès les années 1970 grâce à la loi Bas-Lauriol (1975), suivie par une autre loi, la loi Toubon, intégrant la matière en 1994 et, encore en 1996, par le Décret n°. 96-602 du 3 juillet 1996 qui institue la Commission générale de terminologie et de néologie avec le soutien des différentes Commissions spécialisées de terminologie et de néologie. De son côté, l’Italie n’a jamais connu de telles interventions législatives, à part l’article 1 de la loi du 15 décembre 1999, n°. 482 attestant que « La lingua ufficiale della Repubblica è l'italiano » où sont définies les minorités linguistiques et l’utilisation de l’italien dans les écoles et dans les communautés italophones à l’étranger. On s’est limité à un théorique Consiglio Superiore della Lingua Italiana (CSLI) qui n’a jamais vu le jour à cause d’un projet de loi 2001 empêtré la même année. Il existe cependant une bien ancienne institution,l’Accademia della Crusca, fondée à Florence en 1583 et qui encore de nos jours constitue le phare pour le maintien d’un bon italien et pour toute question linguistique rattachée à son utilisation. On lit dans le site en ligne que « L’Accademia della Crusca è da più di quattrocento anni l’istituzione di riferimento per la lingua italiana e il suo Vocabolario (1612) ha fornito un modello di riferimento per tutta la lessicografia moderna »[4]. L’Accademia est l’entité de référence pour la langue italienne. Mais quelle efficacité ce modèle a-t-il si, de nos jours, les institutions publiques italiennes ne s’y réfèrent guère ou pas du tout ? Alors qu’une institution publique devrait se présenter comme le modèle du bon parler et en devenir une référence, le citoyen italien se retrouve à naviguer dans une mer de communiqués verbaux (à la radio, à la télévision, etc.) ou écrits (communiqués de presse, rapports et relations de ministres, lettres circulaires) qui lui sont adressés avec une panoplie de termes non italiens ou non traduits, même lorsqu’il existe un terme italien correspondant.

Des exemples contextualisés[5]

Depuis 2013, les divers gouvernements italiens ont mis plusieurs fois l’accent dans les médias sur le fait d’introduire une « service tax », à savoir une taxe qui devrait couvrir des services essentiels fournis par les municipalités. À ce point, l’Italien moyen a pu se demander par exemple ce qu’était cette « service tax » alors que l’institution préposée aurait pu utiliser la simple locution italienne « tassa sui servizi ». Autre exemple, l’emploi du terme « slides » (chéri par le gouvernement de M. Renzi) est utilisé pour donner un air de fraîcheur à la présentation officielle du programme gouvernemental à l’aide de simples diapositives mais entendu de façon si incisive et révolutionnaire peut-être grâce à sa présentation à l’anglaise, suscitant aussi par ricochet la réaction satyrique des médias et des humoristes[6] : « Que sortira-t-on du chapeau de magicien pour l’usage du terme slides ? » et ainsi de suite. On se demande alors si l’usage de ces formules linguistiques, exprimées dans une langue autre que l’italien, ne soit pas une sorte d’escamotage pour créer une impression analgésique lorsqu’il s’agit de mettre la main dans le portefeuille des italiens. Mais il nous vient à l’esprit, un peu intuitivement, que le fait de faire avaler l’amère pilule économique avec des instructions pas trop claires ni compréhensibles, renforcées par une touche de snobisme à l’anglaise, est bel et bien voulu et qui sait nécessaire. Ainsi, la locution en anglais de « service tax » a été ipso facto transcrite sur les documents et sites officiels de plusieurs municipalités importantes (par exemple Rome, Milan, Florence, Pescara…).

Dans une note officielle de novembre 2013 adressée aux entreprises et émise dans le bulletin information du gouvernement italien « Il Governo Informa: Notizie da Palazzo Chigi »[7], le lecteur italien est confronté à deux beaux anglicismes techniques assez difficiles à assimiler si l’on n’est pas spécialiste ou ne fréquente pas le secteur des finances.Les deux locutions sont « corporate bonds » et «credit crunch ». Les deux termes seraient facilement traduisibles en italien comme l’illustre notre proposition utilisant l’italique et, à la limite, en laissant les termes anglais entre parenthèses : « Per la diffusione di canali di finanziamento delle imprese sul mercato alternativi obbligazioni societarie (corporate bonds) e complementari al credito bancario, idonei a contrastare efficacemente il stretta creditizia (credit crunch), si vogliono mobilitare progressivamente fino a 20 miliardi di euro di credito aggiuntivo… ».

Dans un autre communiqué, toujours émis par le gouvernement italien et paru en 2007, on peut lire dans un bref passage la présence d’anglicismes de nature financière.Nous mettons entre parenthèses la version italienne existante : « temi all'ordine del giorno saranno il recepimento della direttiva Mifid e l'esame degli aspetti più rilevanti in materia di corporate governance (autorità aziendale) piccole e medie imprese e asset management (gestione patrimoniale)[8].”Ainsi, dans tout ce qui touche les finances et les investissements, autant publics que privés, l’utilisation d’expressions en anglais devient la règle et la tendance s’étend aussi à la définition desoutils de support informatique : « Il BTP Italia infatti è l’unico titolo di Stato non collocato tramite le aste tradizionali del Tesoro, ma acquistabile on-line tramite il proprio Home Banking ». Ces deux expressions pourraient très bien être traduites en italien par « in linea » et « Banca in linea »[9]. Parmi les dispositions urgentes les plus récentes, émises par le gouvernement de M. Renzi en faveur de l’emploi, on retrouve le « Jobs Act » qui serait traduit en italien par « Decreto lavoro o sulle professioni ». Ce texte traite des façons de régler une situation difficile en matière de travail pour les plus jeunes, pour ceux qui ont perdu leur emploi et aussi pour créer un terrain fertile au niveau national en matière de création d’emplois. Un sujet plus que délicat en ces temps de crise.Le titre tente de paraphraser son sens « Jobs Act: le misure per favorire il rilancio dell’occupazione, riformare il mercato del lavoro ed il sistema delle tutele[10] ».L’appellation en anglais donnée à cet ensemble de mesures si importantes touchant l’emploi est probablement employée autant pour donner un ton frais, léger et dynamique que, selon l’exécutif, devrait inciter confiance aux citoyens. Mais cette expression est-elle bien comprise dans sa portée ? Un simple « decreto sulle professioni » quoique moins éclatant ou « glamour » n’aurait-il pas suffi, au lieu de singer la récente loi de l’administration américaine « American Jobs Act » ?

Ce qui frappe d’emblée dans ces textes, c’est surtout l’utilisation « décontractée » par les bureaucrates italiens de ces expressions assez poussées de la finance anglo-américaine, en particulier celle des experts (bourse, sociétés de financement, banques commerciales, entreprises, etc.) ; ces agents de l’administration publique devraient plutôt viser dans leurs communications une approche facilitée et vulgarisée envers les utilisateurs, les citoyens. Giuseppe Picciano parle justement d’un mélange malheureux (« l’italiese ») qui s’est créé entre les anglicismes et l’italien engendré par la bureaucratisation (Picciano, 2008). Ce mélange serait-il le résultat d’un manque d’approche raisonnée et de rigueur linguistique vu l’absence d’une norme légiférée imposant des critères socio-éducatifs communs ? Ou bien le fait d’utiliser l’ « Italiese » donne-t-il un air cool à qui le parle ou l’écrit et, par conséquent, il s’inscrit dans une mode et des tendances «trendy »? Les deux sont vrais. Le fait de ne pas avoir une loi régissant la matière, du moins pour les établissements publiques, et le fait de se conformer passivement à la mode de parler l’«italiese» s’associent et contribuent à créer cet aboutissement à la fois confortable et dangereux pour les usagers de la langue italienne. Le phénomène de l’intrusion facile des anglicismes dans la langue publique italienne a aussi et surtout été favorisé avec l’avènement de la dite ère de la globalisation. Cette phase historique qui a marqué le passage du XXeau XXIesiècle[11]a révolutionné de façon radicale les moyens et les modes de communiquer. L’italien, entendu dans sa version de langue classique, n’a pas eu la force d’être perçu, à partir des institutions publiques, comme une koiné forte et acceptée par toute la communauté des parlants. L’italien a dû succomber à la force brisante de l’anglo-américain dans de nombreux secteurs.

L’un des secteurs d’activité où l’Italie, avec la France et quelques autres pays, joue un rôle capital c’est celui de l’alimentation. En vue de la grande Exposition internationale 2015 de Milan, la dialectique sur les aliments, la nourriture et l’agriculture est à l’ordre du jour. Il s’agit, naturellement, d’un thème qui est un enjeu mondial et dans lequel l’Italie, avec son secteur d’excellence agro-alimentaire, a quelque chose à dire. Pourtant, dans une récente déclaration du Ministre de l’Agriculture italien, Maurizio Martina, pour promouvoir le fait de manger italien dans son propre pays, s’y retrouvent parsemés des termes essentiels à cet argument, tels que « cibo » (nourriture) et « vino » (vin) exprimés en anglais (l’italique est de nous):

« Siamo leaderal mondo per qualità - ha proseguito il Ministro - con 264 prodotti Foode 523 Wine, con un altissimo potenziale, in termini diexport, legato alla sfide della promozione e della tutela anti-imitazione nei Paesi esteri…[12]».

À part les autres deux anglicismes historiquement naturalisés dans la langue italienne (leader et export), des termes comme food et wine nous paraissent bien exagérés pour parler d’éléments primordiaux de la table dans un discours écrit en italien. On peut prôner le prétexte que le secteur alimentaire italien est une figure de proue parmi le monde entier et qu’il est sage de l’internationaliser le plus possible, mais de là à s’adresser à des Italiens en utilisant des mots clé cibo et vino exprimés en anglais avec food et wine pour les convaincre de manger italien, cela est simplement paradoxal. On pourrait bien à ce point ajouter le mot-dièse #ioparloitaliano à la campagne du Gouvernement #iomangioitaliano.

Depuis désormais une quinzaine d’années, le Gouvernement italien a essayé de renouveler son vocabulaire. La « langue de bois », bien qu’elle existe encore, a été épaulée par la langue de la globalisation, du parler international, moderne et décontracté grâce à l’attrait de l’anglo-américain. Son influence n’est pas toujours bénéfique sur le public italien. En émergeront deux contextes d’interlocuteurs : d’un côté une génération qui n’est pas accoutumée à cet italien imprégné de termes anglais crus (il s’agit en général des gens d’un certain âge et/ou éduqués à une culture plus classique), de l’autre côté une génération « trendy » et plutôt jeune qui se laisse tenter par ce nouveau vocabulaire et qui l’utilise abondamment et sans scrupules en dépit du mot italien. Symbolique à ce propos est l’utilisation, très fréquente de nos jours parmi les jeunes mais erronée, du terme « location [13]» pour exprimer un endroit (luogo, posto) où faire une fête, par exemple, ou bien se retrouver et suivre un événement, un concert de musique pop, etc. (« il concerto si terrà in una location fantastica »). Il s’agit au final de cette même forme imprécise et non exemplaire de communiquer que celle utilisée officiellement par les Ministères de l’Etat italien. Prenons comme exemple une note assez récente de la fin d’avril 2014 annonçant un colloque national sur les états généraux de l’archéologie en Italie. Cette note évoque explicitement une « location » pour indiquer le lieu où aura lieu cet important événement culturel, organisé par le Ministère des biens et des activités culturels et du tourisme.On y lit : « Location migliore per parlare di archeologia non poteva che essere l’antica Saticula, che nel corso del tempo si è ritagliata uno spazio sempre più importante sul tema, entrando nel panorama regionale dell’archeologia grazie anche alla mostra ‘Sulle tracce di Saticula’…»[14].

Dans un autre ministère, celui du travail, il y a une vogue depuis une dizaine d’années pour définir les activités de compétence avec le terme « welfare », c’est-à-dire du bien-être social. D’ailleurs, dans 90% des cas, le ministère se définit lui-même de cette façon : « Ministero del Welfare », sans parler des médias (télévision, radios, internet) qui utilisent le terme en anglais lorsqu’ils en rapportent des nouvelles. Cela a évidemment créé de l’hésitation parmi le public d’un certain âge ou qui n’est tout simplement pas à l’aise avec l’utilisation des formulations étrangères dans les services publics de base d’un pays. Un exemple de l’appelation welfare souvent utilisée se retrouve dans la section du réseau consacré à l’aide pour l’emploi (Rete dei servizi per il lavoro). Dans ce répertoire des références législatives importantes touchant la création et le partage du travail au niveau national et européen, on peut lire : « La creazione in Europa di un sistema di servizi per il lavoro “misto” rappresenta da sempre la forza dei modelli di welfare to work »[15]. Un modèle de « welfare to work » à mettre en pratique et à suivre mais dont la compréhension n’est pas si claire si vous demandez à un citoyen italien de vous l’expliquer.

A l’occasion du dernier recensement lancé par l’ISTAT, Istituto Nazionale di Statistica, certaines catégories sociales et productives du pays (chercheurs, enseignants, étudiants, journalistes, sociologues, experts en informatique, etc.) sont invitées à répondre à des questions sur l’utilisation des données officielles du 9e recensement national. L’initiative se présente déjà avec un titre attrayant et agile marqué d’un anglicisme : « Il contest del Censimento economico dell'Istat ». « Contest », en italien « concorso » ou « competizione », est le nouveau terme employé pour parler d’un événement où quelqu’un est invité à participer et donner sa contribution, même seulement en tant que spectateur (on entend souvent dire « ho partecipato a un contest sportivo »[16]). La page en question du site de l’ISTAT est d’ailleurs parsemée d’anglicismes pour rendre apparemment le « contexte » sympathique et amical avec l’utilisation de termes tels que data challenge, non profit, policymaker, desktop, slide, form, datawarehouse, help desk. Le terme « contest » tombe dans l’aire sémantique des activités culturelles ou sociales et serait d’assez récente acquisition dans le vocabulaire des organismes publics. Comme bien d’autres mots de nature économique, financière et informatique, il semble avoir eu du succès avec l’avènement de l’internet, ce qui prouve bien que tout domaine peut être victime de ces tournures et/ou vocables non autochtones, qui trouvent ainsi une la voie d’accès libre grâce à ce moyen qui les dédouane rapidement et facilement. Il résulte de ce fait que les autorités publiques, qui devraient être garantes du bien parler, au moins dans leur secteur de compétence, ont intégré officiellement ces emprunts étrangers dans la production de leurs documents.

Un dernier exemple significatif a été tiré d’un document officiel de la Camera dei Deputati (la Chambre des députés), l’une des institutions-phares de la représentation des citoyens dans l’apparat étatique (avec le Sénat et le Quirinale, siège du Président de la République). Dans la section des documents officiels, sous la rubrique « Temi dell'attività Parlamentare - Lo spettacolo », on lit l’extrait suivant tiré d’un document émis le 17 juillet 2013 et faisant référence aux interventions et au soutien accordés au monde du spectacle en temps réel (notamment le théâtre) ; on y lit: « Interventi per lo spettacolo sono stati previsti dal D.L. 91/2013 (L. 112/2013) - che, in particolare, ha reso permanente il tax credit per il cinema e ha disposto la rideterminazione dei criteri per l'erogazione dei contributi allo spettacolo dal vivo »[17]. À priori, il est surprenant qu’un anglicisme déjà bien en vogue tel que « live » n’ait pas remplacé l’italien « dal vivo », alors qu’un autre intrus s’est glissé parmi ces quelques lignes lorsqu’il est question de matière financière avec une expression technique, la tax credit, à savoir en italien le déjà bien connu « credito fiscale ».

Si, en définitive, les termes étrangers peuplent le langage des institutions publiques italiennes, ce sont les termes anglo-américains qui prévalent constamment ; bien sûr, d’autres intrusions linguistiques y sont présentes mais d’une autre façon et avec une moindre portée. Les expressions françaises s’y glissent de temps à autre mais dans une mesure bien inférieure, souvent pour exprimer une valeur sémantique ou des significations différentes par rapport à l’italien qui utilise un terme semblable mais non pertinent dans ces mêmes contexte et sens.C’est le cas de « tranche » souvent employée dans les finances pour exprimer la partie à verser d’un fond public accordé en guise de financement ; par exemple « una prima tranche tra il 30% e il 50% dell'agevolazione riconosciuta, che potrà essere erogata a scelta dell’impresa, in due modalità alternative […] una seconda tranche erogata alla conclusione del piano di attività»[18].Les termes italiens disponibles ne sont pas appropriés au contexte financier. En effet, « trancia » ne se réfère qu’à la mécanique (une machine qui coupe, qui tranche), alors que « trancio », par ailleurs au masculin, est employé surtout dans le contexte alimentaire (« un trancio di pesce spada »), comme le français l’admet aussi (« une tranche de pain »). Finalement, il s’agit d’un exemple déjà étudié par l’herméneutique allemande, où tout en ayant la même signification originaire de partie, morceau, portion, le terme « tranche » varie selon les contextes et n'est pas défini relativement à un seul signe isolé[19].

Facteurs culturels et d’éducation

Ce phénomène peut ne pas paraître en soi si pertinent. Pourtant, il faut faire attention : il est vrai que les « forestierismi » existent depuis la naissance d’une langue et contribuent à l’enrichir en permettant l’expression d’un concept ou d’un système de principes issus de réalités nouvelles dont cette langue n’a pas encore développé de terme ou d’expression pour définir ontologiquement la nouvelle réalité. Mais cela ne doit pas au contraire devenir une intrusion ou une mode quand la langue dispose déjà de ses propres moyens pour arriver à identifier les nouvelles propositions que la réalité génère à chaque instant. La tendance à réhabiliter des termes anglais est désormais un fait souhaité, voulu et même pratiqué par toute une classe de technocrates privés autant que publics sous le prétexte de rendre leur langage sectoriel plus moderne, plus «friendly» et, par conséquent, plus attrayant. Ceci signifie-t-il que l’italien décline ou qu’il n’a pas la force d’une langue moderne, agile et fraîche ? L’italien sera-t-il relégué à une étiquette stéréotypée de langue de l’opéra, de la Commedia dell’arte, de la culture mais pas nécessairement de la vie quotidienne, des innovations, de l’informatique et du savoir moderne dérivant de plusieurs disciplines qui évoluent de nos jours à un rythme accéléré ? Nous voulons bien croire que non. Il est notoire que la langue italienne, comme on a déjà vu, a toujours eu une facilité à intégrer des néologismes étrangers de toute sorte selon les moments historiques de son évolution linguistique, tout en gardant un équilibre physiologique à l’intérieur de sa structure morphosyntaxique. La présence d’éléments lexicaux provenant d’autres langues témoigne justement des contacts et des relations entre idiomes et l’italien ne fait pas exception. Cela aide aussi à l’intégration culturelle et par ricochet au dialogue parmi les peuples (Giovanni Adamo, Valeria Della Valle, 2012[20]) en sauvegardant aussi leur richesse expressive que la variation diastratique donne naturellement à une langue, en dépit d’une globalisation uniformisant les us et coutumes. Mais un problème se pose lorsque cette structure linguistique doit faire face à des modifications inutiles, voire même frivoles, et par conséquent déroutantes pour l’essence de la langue en soi. Nous sommes ainsi d’accord avec ce que Giuseppe Antonelli écrit dans son article « Fare i conti con gli anglicismi I – I dizionari dell’uso [21]» que les pourcentages physiologiques des anglicismes, favoris désormais par tous les médias, deviennent le signe d’une invasion qui préoccupe et qui, tout comme supporter une température élevée ou abuser d’un aliment chez l’être humain, peuvent provoquer des malaises. Cela n’est pas acceptable et devrait stimuler en chacun de nous l’amour pour la défense de sa propre langue.

Toutefois, peu nombreux sont les termes ou les locutions qui ne seraient (et on utilise le conditionnel) guère traduisibles en italien, à moins de créer des périphrases. L’expression « checkout », par exemple, écrite en un seul mot en anglais est utilisée toujours plus fréquemment dans les hôtels, les auberges et les structures de réception pour dire le « rilascio della stanza », expression en italien presque inutilisée et même paradoxalement de compréhension immédiate assez difficile. Ici l’italien devrait par conséquent avoir recours à une périphrase mais vu la vitesse de la vie d’aujourd’hui où tout se règle dans une économie de paroles et souvent par des codes ou des acronymes, nous pouvons bien comprendre cette utilisation sans toutefois la justifier. Par contre, il est difficile de comprendre les cas où le terme anglais remplace celui italien qui ne serait pas constitué par une périphrase, surtout lorsqu’il s’agit d’un organisme ou d’une institution publique qui s’emploie bel et bien à élargir un anglicisme sans une vraie raison pratique ou linguistique. Le célèbre syntagme anglais de « spending review » est devenu très à la mode. La force de l’expression anglaise semble adoucir sa signification et même donner un ton décrispé par rapport à la version italienne de « Resoconto di spesa / resoconto delle spese ». C’est fort probablement pour cette raison que depuis le gouvernement de M. Monti (novembre 2011 - avril 2013), cette locution est entrée en grande pompe dans le vocabulaire écrit et verbal des institutions publiques préposées à l’exécution de ce nettoyage des dépenses inutiles et autres gâchis[22]. Le document officiel portant le numéro de protocole 94542, émis par l’Agenzia delle Entrate, (l’agence en charge du contrôle fiscal des contribuables), en est un exemple dès son titre illocutoire, bref et pragmatique, « Chiusura di uffici territoriali in applicazione della spending review ». Ceci dit, il existe une pléthore d’exemples où les expressions italiennes déjà existantes et en usage ont été délogées par d’autres en anglais, du jour au lendemain, du simple passage d’un gouvernement à l’autre.

La belle et complète grammaire italienne de Zanichelli, parue pendant les années 1995-1999, écrivait que « È il caso di ricordare che alcuni anglicismi sono stati sostuiti in tutto o in parte con vocaboli italiani : così per esempio nel linguaggio sportivo: fallo-foul […], rete-goal[23]» (Dardano, Trifone 1995).À notre avis, ce n’est plus le cas. Il s’agit d’une constatation d’ordre épistémologique : la vivacité d’une langue, c’est sa survie et la langue évolue avec son utilisation. Il faut considérer évidemment les formes de ce progrès (au moins) du point de vue linguistique que les diverses époques ont imposé dans la transmission du savoir par le bais de la langue. Les termes anglais sont aujourd’hui plus forts et attrayants que jamais, à tel point que là où des termes italiens existent, ils n’arrivent guère à s’imposer dans leur propre domaine linguistique, même par les institutions publiques. Si cela est la feuille de route à parcourir, soit ! Mais à quel prix ? À notre humble avis, un bon compromis à trouver sur cette réflexion sociolinguistique serait d’apprécier davantage le terme autochtone lorsqu’il existe déjà et ne pas le condamner à devenir désuet pour une simple question de style ou de mode en le remplaçant par un terme « étranger ». La langue doit s’amplifier de sa force d’attraction avec ce qu’elle représente pour une communauté, une nation, la fierté de s’exprimer d’une façon unique tout en étant ouverte aux contacts avec les autres langues pour permettre sa métamorphose naturelle, ontologique. Le contraire, à savoir s’abandonner comme un terrain de passage et de bataille avec de termes barbares, crus et opinés, gratuitement utilisés et assimilés, ne pourra que la paupériser lentement et, en dernière instance, la dépouiller de sa beauté et de son expressivité propres.

Un dernier exemple, qui témoigne d’un phénomène en expansion socialement et culturellement, a été donné par l’introduction il y a quelques années, en 2008, de la « Social Card », la carte qui offre une aide financière mensuelle de base aux familles et aux personnes démunies, service encore en vigueur aujourd’hui et élargi aux immigrants. Le terme italien « tessera sociale » existe depuis toujours et tous le comprennent. Un phénomène assez nouveau dans la linguistique de la communication italienne introduit des locutions en anglais s’adressant à la tranche sociale la plus basse et la moins scolarisée, alors que ces formes en anglais, si fréquentes pendant les années 1980, étaient surtout un signe distinctif du parler bourgeois et huppé. Depuis son installation au pouvoir, l’actuel gouvernement de M. Renzi a confirmé cette juste action sociale qu’est la « social card » en l’accordant aussi aux immigrés ressortissants hors de l’Union européenne.

À ce point final, la comparaison naturelle va vers l’État français. Et notre question porte d’abord et simplement sur la raison pour laquelle la France s’est donnée une règle claire et efficace par l’adoption d’une loi touchant l’utilisation du vocabulaire français (écrit ou verbal) dans le secteur public ou touchant des intérêts nationaux, pour qu’il y ait toujours une traduction officielle en français là où le terme ou l’expression dérivent de l’anglais ou de l’anglo-américain. Est-ce d’abord une question de fierté envers sa propre langue nationale, de pouvoir dire les mêmes choses sans recours à des termes étrangers peu compréhensibles ou mal adaptés à la coexistence linguistique avec le français ou simplement pour des raisons plus logiques et pratiques, pour mieux faire comprendre de quoi l’on parle ou pour mieux communiquer sans possibilité de malentendus, d’ambiguïtés et en bout de ligne des intentions inintelligibles? On peut croire qu’un faible degré de fierté existe envers la langue italienne aujourd’hui. Si le « ventennio » fasciste de Mussolini avait, au contraire, exaspéré l’italianisation de la pensée et de ses termes, en en faisant une partie intégrante de la propagande du régime, en bâtissant un pays fort et musclé aussi dans les expressions de sa communication, nous nous retrouvons aujourd’hui aux antipodes. Très facilement, et même d’une façon abusive, nous assistons à la mise de côté du terme ou de l’expression en italien là où ils existent et expriment clairement leur sens ou leur signifié. Ceci est devenu fréquent aussi dans les organismes d’état et publiques où le parler «italiese», on l’a vu, occupe une place de plus en plus évidente et déterminante. Certes, on peut comprendre l’arrivée de nouveaux termes, jargons et expressions de la finance internationale, surtout de l’anglo-américain, toujours en évolution-ébullition dans ce nouveau XXIesiècle ; mais là encore, peut-on faire mieux pour ne pas tomber insouciants dans un parasitisme, ou encore pire un snobisme, linguistique insistant à ne pas vouloir les traduire et à les digérer crus et raides tels qu’ils ont débarqué de l’étranger ?

Le pouvoir des institutions étatiques, soutenu par les organismes voués à la culture et à l’éducation (les écoles, les universités, les journaux, les postes de radio-télévision, les instituts culturels, les académies-musées, les associations, etc.), doit les inciter à faire réseau pour commencer à voir et à utiliser la langue italienne comme un élément unificateur social et culturel, tout comme Dante l’avait compris et fait. Si l’État existe, l’État doit défendre ses valeurs fondatrices et la langue est assurément parmi celles-là, sinon l’une des premières, avec l’appui s’il le faut d’une loi qui la défende. Si le Ministère de la culture a commencé, sous le ministre actuel M. Dario Franceschini, à donner des signes tangibles d’un grand effort de revalorisation et se déclarant contre la décadence même physique des biens de l’Italie, cela devra aussi s’étendre aux biens immatériels mais capitaux comme la langue.Le ministre a compris qu’il faut investir dans la culture en déclarant tout récemment que «Adesso non ci sono più scuse: veniamo da anni di tagli, è arrivato il momento di investire »[24].Voilà, il n’y a plus d’excuses, la langue est la culture. Il fait investir aussi mentalement pour que l’utilisation d’une langue, conservant ses propriétés de beauté linguistique, porteuse de charme dans ses expressions originales, soit aussi un bien à défendre, car de cela dépendra ensuite aussi l’intérêt de définir et de comprendre la beauté intrinsèque des choses d’un pays et d’un peuple.  



Références

ADAMO G., DELLA VALLE V. Le parole del lessico italiano. Roma : Carocci, 2008, 112p.

ANTONELLI G. Fare i conti con gli anglicismi I – I dizionari dell’uso. In Treccani.it. [en ligne]. Disponible sur :http://www.treccani.it/magazine/lingua_italiana/speciali/italiano_inglese/antonelli.html

BERRUTO G. Sociolinguistica dell’italiano contemporaneo. Roma : Carocci, 1994, 224p.

CAMERA DEI DEPUTATI Documenti - Temi dell'attività Parlamentare - Lo spettacolo, 17 luglio 2014

DARDANO M. L’influsso dell’inglese sull’italiano di oggi. In Terminologie et traduction, vol. 1, Office des communications officielles des Communautés européennes, 1991, p. 145-161.

DARDANO M., TRIFONE P. Grammatica italiana. Bologna : Zanichelli, 1995, 789p.

GOVERNO ITALIANO :

    • Presidenza del Consiglio dei Ministri "Il Governo Informa : Notizie da Palazzo Chigi", 13 dicembre 2013
    • Presidenza del Consiglio dei Ministri "Il Governo informa – Campagne di comunicazione", ottobre 2013
    • Presidenza del Consiglio dei Ministri "Il Governo Informa - Campagne di comunicazione : "#iomangioitaliano", A cura del Ministero delle Politiche Agricole Alimentari e Forestali, Campagna maggio 2014
    • Presidenza del Consiglio dei Ministri "Il Governo informa - Jobs Act: le misure per favorire il rilancio dell'occupazione, riformare il mercato del lavoro ed il sistema delle tutele, Roma, 12 marzo 2014


MANUELLI S. Anglicismi nella stampa italiana e francese: osservazione, analisi e confronto. Thèse de maîtrise de 2e cycle.Rome : Università degli Studi Internazionali, 2013.

MINISTERO DEI BENI E DELLE ATTIVITÀ CULTURALI E DEL TURISMO :

    • Convegno "Stati Generali dell'Archeologia. Un aggiornamento sul tema" e inaugurazione Mostra "Sotterranea" - 30 aprile 2014, Sant'Agata de' Goti (BN)
    • Comunicato stampa: il Decreto cultura è legge - Franceschini: è arrivato il momento di investire in cultura e turismo, 28 luglio 2014


MINISTERO DELL’ECONOMIA E DELLE FINANZE Comunicati Stampa del 2007

MINISTERO DEL LAVORO E DELLE POLITICHE SOCIALI Rete dei servizi per il lavoro, 2014

MINISTERO DELLO SVILUPPO ECONOMICO (Dipartimento per l’impresa e l’internazionlizzazione - Direzione Generale Lotta alla Contraffazione – Ufficio Italiano Brevetti e Marchi) Valorizzare la proprietà industriale – Roma, maggio 2013

NOVELLI S. Spending Review.In Treccani.it. [en ligne].Disponible sur:www.treccani.it/magazine/lingua_italiana/parole/delleconomia/Spending_review.html

PICCIANO G. Italiano, istruzioni per l'abuso.Trento : UNI Service, 2008, 72p.

RASTIER F. De la signification au sens : pour une sémiotique sans ontologie.In : BASSO P., CORRAIN L. Eloquio del senso. Milan : Costa & Nolan, 1999, p. 213-240.



1 - L’auteur parle de l’évidence de ce phénomème dès les années 1980 : « Quanto ai forestierismi, è evidente e fisiologico che nell’italiano ne siano entrati molti in un periodo come il secondo dopoguerra, in cui i contatti internazionali si sono sempre più intensificati e le innovazioni scientifiche, tecnologiche e di costume ed economico-finanziarie viaggiano a ritmo incalzante. … È però altrettanto vero che il fenomeno ha raggiunto negli ultimi lustri dimensioni vistose ».  [retour]

2 - Le cas du cinéma est emblématique : la créativité italienne néoréaliste et le film d’auteur des années 1960-70 dictaient la route à suivre pour les terminologies d’apparat où maintenant les anglicismes l’emportent (back stage, movie, home theatre, box-office, etc.).  [retour]

3 - Selon une étude très détaillée de SilviaManuelli couvrant un échantillon de journaux et revues italiens et français publiés en octobre 2013.  [retour]

4 - www.accademiadellacrusca.it  [retour]

5 - On utilisera les italiques pour mettre en évidence certains termes dans le contexte où ils sont employés, en particulier pour les anglicismes.  [retour]

6 - Ce terme a aussi un lien dans la page principale internet du Gouvernement où on renvoie à un site social de partage « Slideshare ».  [retour]

7 - Consultable aussi en ligne à l’adresse www.governo.it/Notizie/Palazzo%20Chigi/dettaglio.asp?d=74111  [retour]

8 - En ligne sous www.mef.gov.it/ufficio-stampa/comunicati/2007/comunicato_0063.html  [retour]

9 - Site du Gouvernement www.governo.it/GovernoInforma/campagne_comunicazione/btp_italia/  [retour]

10 - Site du Gouvernement www.governo.it/GovernoInforma/Dossier/decreto_lavoro/Interventi%20per%20il%20lavoro.pdf  [retour]

11 - Pensons au bogue informatique global qui aurait dû disjoncter tout le réseau informatique mondial.  [retour]

12 - En ligne sous www.governo.it/GovernoInforma/campagne_comunicazione/io_mangio_italiano/index.html  [retour]

13 - « Venue » est le bon terme, alors que « location » prête une fausse ressemblance de signification avec l’italien « luogo » et ne désigne pas exactement la même chose en anglais.  [retour]

14 - Site du Ministère www.beniculturali.it/mibac/export/MiBAC/sito-MiBAC/Contenuti/MibacUnif/Comunicati/visualizza_asset.html_1689204460.html  [retour]

15 - Site du Ministère www.lavoro.gov.it/AreaLavoro/ReteServiziLavoro/Pages/default.aspx  [retour]

16 - Site de l’Istat http://www.istat.it/it/archivio/112697  [retour]

17 - Site de la Camera dei Deputati http://www.camera.it/leg17/465?area=12&tema=150&Lo+spettacolo#paragrafo5595  [retour]

18 - Site du Ministero Sviluppo Economico sous www.governo.it/backoffice/allegati/70995-8655.pdf  [retour]

19 - Un article intéressant sur le débat toujours actuel entre signification et sens est celui de François Rastier portant sur l’apport de l’herméneutique allemande des Lumières (de Ernesti à Schleiermacher).  [retour]

20 - Dans leur étude, ces auteurs distinguent trois sortes de « forestierismi » : irremplaçables, utiles et superflus.  [retour]

21 - Article disponible dans le site de l’encyclopédie Treccani à la page www.treccani.it/magazine/lingua_italiana/speciali/italiano_inglese/antonelli.html  [retour]

22 - À ce propos, la célèbre Enciclopedia Treccani, référence parmi les dictionnaires du savoir en Italie, s’exprime sur l’assez bas degré de lisibilité du langage économique-financier : « Insomma, in qualche modo, l’adozione della locuzione dall’inglese nella forma non adattata sembra più cogente che in altri casi, anche se non aiuta a sollevare il repertorio del linguaggio economico-finanziario presente in certe pagine dei giornali da un assai basso indice di leggibilità » (Silverio Novelli).  [retour]

23 - Il faut se rappeler que certains anglicismes ont été remplacés totalement ou en partie par des termes italiens : comme par exemple dans le langage du sport « fallo-foul […], rete-goal ».  [retour]

24 - Discours du Ministre, publié dans un communiqué de presse du 28 juillet 2014, sous le lien http://www.beniculturali.it/mibac/export/MiBAC/sito-MiBAC/Contenuti/Ministero/LegislaturaCorrente/Dario-Franceschini/Comunicati/visualizza_asset.html_231741334.html  [retour]

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